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Source : Le Temps

“I can’t breathe”

George Floyd 

Le lundi 25 mai 2020, George Floyd, un Afro-américain âgé de 46 ans et père de deux enfants, mourait asphyxié, face contre terre et la nuque écrasée sous le genou d’un policier blanc. Pourquoi ? La police le soupçonnait d’avoir utilisé un faux billet de 20 dollars pour acheter des cigarettes.

George Floyd était non armé.

Les protestations

Aux États-Unis, la population afro-américaine est en première ligne des violences policières et la mort de George Floyd vient s’ajouter à une longue liste d’autres victimes.

Graphique créé par le Washington Post (https://www.washingtonpost.com/graphics/investigations/police-shootings-database/ site consulté le 01 juin 2020)

Les protestations éclatent à Minneapolis.

Manifestation du mouvement “Black lives matter” à New York le 28 mai 2020 après la mort de George Floyd dans le Minnesota.•Crédits :  Johannes Eisele – AFP (https://www.franceculture.fr/societe/etats-unis-les-violences-policieres-contre-les-noirs-en-quelques-grandes-dates)

Le jeudi 28 mai 2020, la colère se répand comme une traînée de poudre dans les grandes villes américaines.

Sur Twitter, Donald Trump évoque une possible intervention militaire et écrit : « En cas de difficultés, nous assurerons le contrôle, mais quand les pillages commencent, les tirs commencent. »

Il faut attendre le vendredi 29 mai 2020, pour que des poursuites soient engagées contre l’officier responsable de la mort de George Floyd, Derek Chauvin. Ce dernier est poursuivi pour meurtre au troisième degré et homicide involontaire. S’il est condamné pour la première accusation, il risque jusqu’à vingt-cinq ans de prison. Pour la seconde, il risque jusqu’à dix ans.

Néanmoins, ces incriminations reviennent à considérer que Derek Chauvin a provoqué la mort par négligence, ce qui ne calme pas la colère qui embrase les grandes villes américaines.

En effet, les faits sont là et connus précisément par le procureur.

Le jour de la mort de George Floyd, l’un des collègues de Derek Chauvin, présent sur les lieux, s’inquiète et suggère à l’officier de basculer George Floyd en position latérale de sécurité. Derek Chauvin refuse.

Cinq minutes plus tard, un autre officier vérifie le pouls de George Floyd et constate qu’il n’en a plus.

Cela n’empêche pas Derek Chauvin de maintenir, encore deux minutes et cinquante-deux secondes, son genou sur le cou de la victime inerte, jusqu’à l’arrivée de l’ambulance.

Suite à l’annonce du procureur, les protestations se multiplient. La foule est très féminine et diverse : Blancs, Afro-Américains et Latinos se mêlent pour dénoncer les violences policières et demander justice pour George Floyd.

Les manifestations tournent à l’émeute.

Le 29 mai dans les rues de Portland. Dave Killen / AP (https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/30/a-minneapolis-les-poursuites-contre-le-policier-accuse-de-la-mort-d-un-homme-noir-n-eteignent-pas-la-colere-de-la-population_6041267_3210.html, site consulté le 31 mai 2020)

À Atlanta, Los Angeles, New York des émeutes éclatent à leur tour. Des voitures de police sont brûlées, des magasins pillés.

À Washington, police et manifestants s’affrontent au pied de la Maison Blanche.

Les journalistes en danger 

Dans un pays où les garanties constitutionnelles accordées à la presse sont reconnues et généralement respectées, les violences et arrestations subies par les journalistes lors des protestations qui ont suivi la mort de George Floyd, ont profondément marqué la société américaine.

“Un photojournaliste est repoussé par la police, lors d’une manifestation contre les violences policières, le 30 mai à Salt Lake City (Utah). RICK BOWMER / AP” (source : https://www.lemonde.fr/international/article/2020/06/01/aux-etats-unis-des-journalistes-cibles-par-la-police_6041356_3210.html)

Le 29 mai 2020, Oscar Jimenez, l’envoyé spécial de la chaîne CNN, Afro-américain, est arrêté par la police et menotté en direct. (https://www.youtube.com/watch?v=ftLzQefpBvM).

À la date du 01 juin 2020, on recense plus de 50 journalistes pris pour cible par la police : atteints par des balles en caoutchouc, en plastique et visés par du gaz lacrymogène.

Beaucoup de reporters ont ainsi témoigné avoir été blessés délibérément par la police, et ce, alors qu’ils portaient leur brassard de presse, placé bien en évidence.

La Garde nationale du Minnesota, a par exemple, tiré des balles en plastique sur Ali Veshi, journaliste de la chaîne MSNBC, alors que celui-ci, les mains en l’air, répétait qu’il travaillait pour les médias. La police lui a seulement adressé cette réponse lapidaire : « On s’en fiche », avant de tirer à nouveau sur lui.

Sources 

LESNES Corine, « Aux États-Unis, des journalistes ciblés par la police », Le Monde, 01 juin 2020, (https://www.lemonde.fr/international/article/2020/06/01/aux-etats-unis-des-journalistes-cibles-par-la-police_6041356_3210.html, consulté le 01 juin 2020)

« ‘’Il cherchait un nouveau départ’’ : George Floyd, 46 ans, mort sous le genou d’un policier blanc », Le Monde, 30 mai 2020, https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/30/george-floyd-le-doux-geant-tue-par-la-police-americaine_6041287_3210.html, consulté le 31 mai 2020)

BORREDON Laurent,« Mort de George Floyd : de Minneapolis à Washington, une vague de colère contre le racisme et les violences policières », Le Monde, 30 mai 2020,https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/30/a-minneapolis-les-poursuites-contre-le-policier-accuse-de-la-mort-d-un-homme-noir-n-eteignent-pas-la-colere-de-la-population_6041267_3210.html, consulté le 31 mai 2020)

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